A tout seigneur tout honneur, cette petite série va débuter par un ouvrage que j’ai lu, relu, et dévoré 5 fois, et qui curieusement ne parle pas que d’Internet. Il s’agit d’un ouvrage qui nous parle de nous, de notre rapport à l’autre, au travail, et à l’impression que l’on a de ramer sans but et sans logique tous les jours. Bienvenue dans la Revanche du rameur !
La revanche du rameur écrit par le Dr Dominique Dupagne est à la fois une critique sans concessions du mode de pensée hiérarchisé et cloisonné qui règne dans le monde de l’entreprise, et une voie de sortie possible en appliquant les modèles de gestion éclatés hérités du web 2.0
Dans la lignée de Ren@issance Mythologique de Thomas Jamet qui explorait le renouveau de notre inconscient vivifié par les possibilités du réseau mondial, l’ouvrage de Dominique Dupagne sonne comme un appel au secours. Comme un besoin vital d’oxygène et d’intelligence dans un monde surnormé et qui ne laisse plus aucune place à l’intelligence et au bon sens. En bon médecin, l’auteur ne peut laisser un diagnostic sans proposition de remède, et en bon proto-geek qu’il est également, cette solution ne passe pas outre les réseaux d’intelligence collective formés de facto par Internet et ses communautés.
C’est sur ce point que cet ouvrage devrait se trouver au top 3 de la table de chevet de tous ceux qui travaillent pour ou avec des communautés en ligne. Même si le constat est dur à avaler, il n’en demeure pas moins exact : le modèle hiérarchisé et centralisé a vécu. L’intelligence se trouve de nos jours à tous les étages des organisations, et la plupart du temps, matérialisée par la collaboration entre plusieurs individus plutôt que par la bonne parole venue d’en haut.
Rapporté aux communautés, ce constat est d’autant plus vrai que si l’on y pense, il est même fondateur d’un grand nombre de comportements du web :
- La crédibilité d’une source d’informations sur Internet dépend de ses actions passées et de sa réputation (donc de son appartenance à un groupe social)
- La crédibilité d’une source est totalement indépendante de ses qualifications, diplômes, ou qualités intrinsèques, mais bien du contenu qu’il proposera, et de l’intelligence contenue dans celle-ci.
- La recherche d’informations sur Internet ne se fait jamais en prenant pour argent comptant les dires d’une source, mais en croisant les informations des uns et des autres (raison pour laquelle tout message doit comporter des sources, pour permettre aux lecteurs de faire des recherches croisées)
Le modèle d’organisation centralisé n’a donc plus cours sur le réseau, et selon toute logique, devrait avoir de moins en moins cours dans les organisations vivant au contact d’Internet. Comment en effet vanter les mérites de la collaboration et du travail en communauté lorsque l’on peine à sortir le nez de son silo et que l’on conçoit son entreprise comme une guerre froide permanente entre des intérêts de département souvent divergents.
Bref, le livre de Dominique Dupagne est à la fois un procès à charge contre le modèle du mal(e) dominant et de la hiérarchie paternaliste hérité du XIXème siècle, et une voie de sortie par l’intelligence collective et la prise en compte du savoir où qu’il se trouve. Si vous avez un livre à acheter pendant que vous maltraitez votre épiderme sous une pluie battante d’UV, c’est celui-ci, vous y entreverrez le pourquoi de l’origine du web, et une des évolutions possibles de nos modes de pensée et de fonctionnement pour les années à venir.




